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Michel LeBlanc |
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Michel LeBlanc, entraîneur québécois de l’année, est l’entraîneur de Marie-Hélène Prémont, médaillée d’argent aux Jeux olympiques de 2004. Il présente son système d’entraînement d’athlètes qui se retrouvent aux quatre coins du Québec.
Qui suis-je? Je suis Michel LeBlanc, éducateur physique de formation (B. Sc., activité physique, Sherbrooke, 1987) et entraîneur de Niveau 4 du PNCE. Je suis à l’emploi de la Fédération québécoise des sports cyclistes (www.fqsc.net) à titre d’entraîneur de l’équipe du Québec de vélo de montagne depuis 1999. J’habite à Saint-Nicolas, en banlieue de Québec, et je suis rattaché au Centre national de cyclisme de Québec (www.centrecyclistedequebec.com). Il existe aussi un autre centre national, soit le Centre national de cyclisme de Bromont (www.cyclisme-bromont.ca).
Les athlètes de l’équipe du Québec Le bassin d’athlètes avec lequel je travaille est passé de 14 en 1999 à 30 en 2005. Cette hausse est grandement attribuable au succès que nos athlètes ont connu dans les compétitions sur la scène nationale et internationale. Tous les athlètes sont reconnus par le ministère des Affaires municipales, Sports et Loisirs du gouvernement du Québec par le biais de son programme de soutien aux athlètes (www.mamsl.gouv.qc.ca). Ils habitent un peu partout au Québec et la plus grande concentration, soit 40 p. 100, se retrouve dans la région immédiate de la ville de Québec. L’âge varie de 16 à 31 ans avec une moyenne d’âge de 21 ans. L’équipe est également composée d’hommes et de femmes.
Les services La FQSC a décidé d’offrir une gamme de services gratuits à tous les athlètes membres de l’équipe du Québec de vélo de montagne. Ils peuvent obtenir de ma part des services de planification annuelle ou de consultation d’entraînement ainsi que d’évaluation des facteurs déterminants de la performance (p. ex., test de PAM ou VO2max). Ils ont aussi accès à de l’équipement et nous possédons 10 ensembles d’entraînement, des ergomètres, des bicyclettes à billes et des moniteurs cardiaques. Cet équipement leur est prêté tant et aussi longtemps qu’ils sont membres de l’équipe du Québec. Nous leur donnons aussi des vêtements (t-shirt et maillot) afin de créer un sentiment d’appartenance à l’équipe du Québec.
Les entraîneurs personnels Je ne suis pas le premier répondant à titre d’entraîneur auprès de tous les athlètes. J’entraîne 11 des 30 athlètes sur notre liste. C’est un choix que nous avons fait de laisser l’athlète libre de décider avec qui il veut travailler. Nous croyons que l’athlète tirera profit du fait de travailler avec un entraîneur certifié et expérimenté qui habite dans la même région que lui. Les rencontres plus fréquentes aideront davantage l’athlète à se développer. Cette situation m’amène à travailler auprès des entraîneurs personnels des athlètes et ce groupe est composé de 13 entraîneurs. J’ai dressé une liste d’envoi par courrier électronique afin de tenir ces entraîneurs au courant de ce qui se passe sur la scène du vélo de montagne compte tenu que ce ne sont pas tous des spécialistes du vélo de montagne.
Le fonctionnement Récapitulons : le siège social de la FQSC est à Montréal, j’habite à Saint-Nicolas, je partage mon travail de bureau entre la maison et le centre-ville de Québec, et mes athlètes sont partout en province. Nous fonctionnons donc en milieu ouvert, contrairement à l’entraîneur de volley-ball qui travaille en milieu fermé.
Considérant l’âge des athlètes et leur stade de développement, la plupart vont à l’école et habitent au sein de leur famille à la maison. Nous voulons donc les laisser dans leur environnement familial et social afin qu’ils puissent à la fois réussir au niveau académique et sportif. Nous ne leur demandons pas de s’exiler du milieu familial pour se rapprocher des centres nationaux. Il va de soi qu’avec les moyens de communication que l’on connaît avec le cellulaire, le courrier électronique et le téléphone, il est très facile d’échanger et de transmettre de l’information aux athlètes et aux entraîneurs. Il n’y a pas si longtemps, je me souviens que j’envoyais les programmes d’entraînement par télécopie... quelle perte de temps! L’avènement du courrier électronique a vraiment rendu mon travail des plus efficaces. Pour tout dire, c’est ce qui fait la différence. Cependant, cela ne remplacera jamais les échanges de vive voix au téléphone ou en personne. Il faut donc utiliser à bon escient ce moyen de communication.
Pour les athlètes de la région de Québec que j’entraîne, j’essaie de les voir une fois par semaine. Ceci est facilité dans la phase de préparation générale lors du travail de musculation en salle où je gère une séance par semaine. Pour les autres athlètes que j’entraîne, j’essaie de leur parler une fois par semaine au téléphone. À chaque dimanche soir ou lundi matin, ils doivent me faire parvenir un bilan de leur semaine d’entraînement afin de m’aider à mieux planifier le prochain mésocycle. Pour tous les athlètes que je n’entraîne pas directement ainsi que leurs entraîneurs, j’essaie de leur parler une fois par mois afin de partager de l’information.
Durant l’année, près d’une douzaine de projets (stages d’entraînement, tournée de compétition) échelonnés de janvier à août me permettent de rencontrer les athlètes, d’échanger davantage avec eux et de mieux les «sentir» au quotidien.
Les avantages et inconvénients Notre mode de fonctionnement à l’avantage de permettre aux athlètes de développer un plus grand sens de l’autonomie et de la responsabilité dans plusieurs aspects de la vie, dont celui de développer une éthique de travail face à l’entraînement. De plus, en gérant son propre horaire d’entraînement, l’athlète peut mieux l’adapter à ses études et à son niveau de fatigue. Ceci demande cependant plus de discipline et de rigueur de la part de l’athlète car il peut facilement «manquer le bateau». Il doit posséder un très haut niveau de motivation intrinsèque compte tenu que les entraînements sont réalisés presque entièrement (90 p. 100) seuls. Ceci va cependant dans le même sens que le cross-country, qui est une discipline individuelle dans laquelle on ne peut se fier à personne d’autre qu’à soi.
Cette façon de faire libère l’entraîneur afin qu’il puisse se consacrer à d’autres tâches connexes à son travail. Par contre, il ne peut constater au quotidien l’état de l’athlète afin de mieux équilibrer l’entraînement.
Conclusion Aucun système n’est parfait. Il est vrai que j’aimerais voir plus souvent les athlètes de l’équipe du Québec et de gérer davantage leur entraînement. Par contre, la nature de mon travail me permet de voir à l’ensemble du programme de l’équipe du Québec (logistique et administration) ainsi qu’à la formation des entraîneurs. Ce système demande une excellente discipline de la part des athlètes. Cependant, il leur permet de développer leur autonomie rapidement et de mieux agencer leur entraînement aux autres exigences quotidiennes.
Bon entraînement! MICHEL LEBLANC
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