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Guy Greavette

J’ai toujours été un athlète. En 1973, je participais à mes premiers Jeux olympiques en haltérophilie; j’avais alors 13 ans. J’ai commencé à m’entraîner pour ce sport dans le garage de mon père et aujourd’hui, 33 ans plus tard, je me retrouve à entraîner des athlètes dans mon garage. Ce n’est guère le signe d’une amélioration de notre système sportif.

Au Canada, de nombreuses installations sont construites pour différents sports, mais il n’existe aucune installation d’haltérophilie. Vous savez que vous êtes dans un pays où le sport est véritablement valorisé lorsque vous entrez dans un centre d’entraînement d’haltérophilie et que vous voyez de nombreuses plates-formes intégrées au plancher et beaucoup d’espace réservé à l’entraînement des haltérophiles. Imaginez des installations d’entraînement adéquates où l’haltérophilie côtoierait de nombreux autres sports et où les athlètes et les entraîneurs et entraîneures pourraient voir les avantages de l’entraînement polyvalent de l’haltérophilie. L’haltérophilie est un sport reconnu pour améliorer la puissance explosive ainsi que la stabilité de base. Cependant, il n’y a que peu de ressources consacrées au développement de ce sport au Canada.

Une étude effectuée lors des Jeux olympiques de 1976 tenus à Montréal a confirmé que les haltérophiles étaient les plus rapides de tous les athlètes olympiques, qu’ils étaient les meilleurs au saut en hauteur et qu’ils étaient capables de suivre les meilleurs sprinteurs sur des distances de 20 à 30 mètres. En tant qu’athlète spécialisé en haltérophilie, je considère que mon entraînement m’a aidé à courir plus vite, à sauter plus haut et sur de plus longues distances et à lancer plus loin, et ce, même si je ne m’entraînais pas dans ces disciplines spécifiques. Imaginez l’effet que l’haltérophilie pourrait avoir sur les athlètes de la plupart des sports si on les initiait à ce type d’entraînement à un âge adéquat et qu’on leur enseignait les bonnes techniques (développement à long terme des athlètes). Pour reprendre une phrase de Sam Maxwell (USA Weightlifting), un bon ami à moi : « Il ne faut jamais oublier que la puissance est égale à la masse multipliée par la vitesse! Alors la prochaine fois que tu penses à l’haltérophilie, et à deux mouvements en particulier, c’est-à-dire l’arraché et l’épaulé-jeté, pense vitesse! »

Sur le plan du financement, l’haltérophilie au Canada a sans aucun doute connu des jours meilleurs. À une certaine époque, la Fédération haltérophile canadienne (FHC) avait un budget de près de 500 000 $, un bureau national à Ottawa, un centre national d’entraînement à Montréal, un entraîneur national et des commanditaires pour son programme national. Lorsque j’entends continuellement parler d’un système sportif canadien amélioré et du financement accru du sport, j’ai peine à croire que le sport que j’adore est peu à peu devenu une « organisation de cuisine ». Actuellement, l’haltérophilie au Canada n’a ni bureau national, ni centre national d’entraînement, ni entraîneur national, ni commanditaires. Si vous suivez l’haltérophilie au Canada, vous vous demandez peut-être comment ce sport fait pour connaître le succès qu’il connaît sur la scène internationale : trois athlètes qui se sont classés parmi les 10 meilleurs lors des derniers championnats du monde, sept athlètes sur 11 qui ont remporté une médaille lors des Jeux du Commonwealth 2006 (trois d’or, deux d’argent et deux de bronze, de même que la meilleure équipe féminine), et le plus haut taux de participation depuis de nombreuses années lors des derniers championnats canadiens.

Peu importe la réponse à cette question, je ne peux m’empêcher de penser à ce que pourrait être notre sport si nous recevions le même genre de soutien que nous avons reçu dans le passé ou, au minimum, un financement similaire à celui des autres sports. À l’époque où je faisais partie de l’équipe nationale, je n’ai jamais été satisfait du financement accordé à l’haltérophilie; je ne peux donc logiquement pas accepter le manque de soutien que nous avons aujourd’hui. Comment puis-je encourager d’autres personnes à s’intéresser à ce sport alors que les occasions se font de plus en plus rares?

Je pense que l’on pourrait justifier l’intégration de chaque sport à un programme scolaire; en effet, c’est l’endroit idéal pour recruter des jeunes pour un sport en particulier. La plupart des écoles secondaires disposent de salles de musculation, mais très peu ont un espace consacré à l’haltérophilie ou le budget pour se procurer l’équipement nécessaire. Étant donné les nombreux avantages d’un entraînement polyvalent intégrant des poids et haltères, il est temps pour les écoles d’envisager d’offrir des programmes d’haltérophilie. La Fédération d’haltérophilie du Québec offre, à l’école secondaire de La Magdeleine à La Prairie, au Québec, un programme qui connaît beaucoup de succès; en effet, 200 élèves et plus s’y inscrivent chaque année. Dans le cadre de ce programme qui s’étend sur toute l’année, une salle est réservée à l’haltérophilie et l’on a recours aux services de deux entraîneurs rémunérés. Chaque année, les entraîneurs emmènent leurs athlètes dans les écoles environnantes afin d’initier à l’haltérophilie les élèves qui fréquenteront l’école l’année suivante et d’en faire la démonstration. Cette initiative contribue à susciter l’intérêt pour ce programme.

Les gens ont l’impression qu’il existe une foule d’installations d’haltérophilie dans les centres de conditionnement physique publics. Malheureusement, la plupart de ces centres ne sont pas adaptés pour l’haltérophilie et ne disposent ni de l’équipement adéquat et sécuritaire, ni du personnel qualifié requis pour enseigner chacune des techniques de base. S’il est recommandé de trouver un entraîneur personnel qualifié pour vous enseigner les techniques d’haltérophilie, je vous ferais toutefois comme mise en garde que très peu d’entraîneurs sont véritablement qualifiés pour enseigner les bonnes techniques à moins d’avoir de l’expérience en haltérophilie. Si l’entraîneur ne forme pas des haltérophiles, il y a fort à parier qu’il a des connaissances très limitées de ce sport et il pourrait y avoir risque de blessure pour l’athlète. N’oubliez pas que plus la technique est exécutée avec précision, moins grand est le stress subit par le corps et meilleure est la performance générale.

En conclusion, arrêtons de parler d’un système sportif amélioré au Canada et investissons plutôt les fonds nécessaires pour véritablement atteindre cet objectif. Offrons aux organismes provinciaux et nationaux de sport les outils dont ils ont besoin non seulement pour former les meilleurs athlètes pour la scène internationale, mais également pour rendre tous les sports accessibles à nos jeunes.

Guy Greavette est le directeur administratif de la British Columbia Weightlifting Association et un officiel international de niveau 2 qui travaille actuellement à obtenir sa certification de Niveau 3 du PNCE. M. Greavette réside à Lake Country, en Colombie-Britannique, avec son épouse Kristine et leurs deux enfants, Shawna et Matthew.


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