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Ann Fitzpatrick et David Lee |
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Ann Fitzpatrick et David Lee rendent compte de la lulle en vue de redonner un libre accès aux écoles de l'Ontario relativement aux programmes de sport. Tous les Canadiens et toutes les Canadiennes sont concernés.
Ann Fitzpatrick Qu'est-ce que l'entraîneur de l'année (2001) de la ligue de basket¬ball pour les jeunes Valley Hoopstars du comté de Renfrew en Ontario et une animatrice communautaire de la Société d'aide à l'enfance de Toronto peuvent bien avoir en commun? Bien que très éloignés sur le plan de la géographie, nous nous rejoignons tous les deux par notre profond engagement à l'égard des possibilités de développement offertes aux enfants et aux jeunes. Nous sommes tous les deux membres de la Coalition SPACE - Save Public Access to Community Space Everywhere (littéralement: Sauvegarder partout l'accès public aux espaces communautaires) -, un réseau qui œuvre à résoudre la crise en Ontario, où de nombreux groupes se voient fermer la porte des écoles en raison de la hausse des frais de permis. SPACE est un réseau diversifié formé d'organismes communautaires, de ligues sportives, de clubs de garçons et filles, des Guides et des Scouts, de groupes d'organisation sociale, d'organismes d'aide aux enfants et d'organismes d'établissement social.
En 1997, l'Ontario a introduit une nouvelle formule en matière de financement de l'éducation qui, pour la première fois, encourageait les conseils scolaires à demander des frais de permis aux organismes communautaires en échange de leur utilisation des écoles. En outre, les niveaux de financement des écoles n'étaient plus suffisants pour payer les réparations majeures, l'entretien et les coûts associés aux services publics. Par conséquent, certains programmes ont dû faire face à des hausses vertigineuses des frais d'utilisation des gymnases et des cours d'école ainsi que des frais de conciergerie. Certains groupes ont observé des hausses allant jusqu'à 1 000 p. 100 en un an. Un autre est passé d'un accès gratuit à huit gymnases à plus de 96 000 $ par année exigés pour la poursuite de ses programmes.
Par conséquent, trop d'organismes communautaires, notamment les ligues sportives, ne peuvent plus se permettre d'utiliser nos gymnases et nos installations scolaires pour y offrir leurs programmes. Les écoles sont des installations publiques construites et payées par les contribuables, et la collectivité devrait y avoir accès à des prix raisonnables. Partout en Ontario, nous avons pu constater à maintes reprises les effets nuisibles de cette politique: fermetures ou réductions dans les programmes, entraîneurs, entraîneures et bénévoles exténués et démoralisés essayant de collecter des fonds afin de payer les frais et, dans bien des cas, nouveaux frais d'utilisation dirigés vers les participants, créant des obstacles à la participation.
Comment les entraîneurs et les entraîneures peuvent-ils offrir des programmes sans accès aux gymnases? Comment les mouvements Guides et Scouts peuvent-ils être accessibles aux collectivités sans locaux abordables? De quelle façon les programmes de développement de la petite enfance, d'alphabétisation en milieu scolaire et les clubs d'aide aux devoirs peuvent-ils fonctionner sans bénéficier de locaux gratuits ou à des prix raisonnables? Sans locaux pour fonctionner, la base visant à soutenir les bénévoles, les entraîneurs et les entraîneures, les parents et les groupes communautaires d'un bout à l'autre de l'Ontario commence à s'écrouler.
Si nous ne retrouvons pas l'accès aux écoles dont nous avons toujours bénéficié en Ontario, nous y perdrons tous. Le fait de conserver nos écoles ouvertes et accessibles aux programmes après les heures d'école, durant les fins de semaine et durant l'été s'avère un investissement judicieux à l'endroit de nos enfants et de nos jeunes, appuyant leur croissance et leur développement sains. De nombreuses études ont indiqué que nous investissons maintenant ou que nous payons plus tard. À titre d'exemple, une enquête de Statistique Canada et de Développement des ressources humaines Canada (2002) a révélé que les enfants qui participent à des activités sportives, artistiques ou à un club après l'école tendent à afficher un meilleur rendement scolaire. Nous devons offrir aux enfanL~ et aux jeunes des activités sportives et de loisirs de qualité supérieure afin de diminuer la tendance nationale à l'obésité observée chez les jeunes enfants ainsi que l'apparition précoce du diabète. L'accès à de bons programmes après l'école est également reconnu comme étant une initiative valable pour la prévention du crime.
Plusieurs enquêtes ont permis de recueillir de la documentation concernant les tendances nuisibles observées à la suite de la hausse des frais d'utilisation de nos écoles, notamment l'enquête de Basketball Ontario dirigée par David Lee en 2002 et l'enquête du Provincial Sport Organization Council réalisée en 2003 (sites uniquement en anglais: www.basketball.on.ca. . www.unitedwaytoronto. com, www.socialplanningtoronto.org, www.peopleforeducation.com).
Notre seul espoir à l'horizon est le nombre croissant de bénévoles, d'entraîneurs et d'entraÎneures, et d'organismes communautaires de partout en Ontario qui se rassemblent pour réagir et réclamer le retour de l'accès à nos écoles.
Avant les dernières élections provinciales, au nom du Parti libéral de l'Ontario, Dalton McGuinty avait fait parvenir à SPACE une lettre dans laquelle il annonçait l'engagement de son parti (le 18 septembre 2003) : «Les écoles sont le centre de la vie de la collectivité et elles doivent être disponibles et ouvertes à l'utilisation par la communauté. Le gouvernement Eves a affamé nos écoles publiques, forçant les conseils scolaires à chercher des sources de revenus où ils le pouvaient. Nous financerons convenablement l'éducation publique afin que les écoles puissent répondre aux besoins de leurs collectivités .... Nous rectifierons la formule de financement afin qu'elle corresponde aux coûts réels d'exploitation des installations scolaires. Nous travaillerons avec les groupes d'intervenants afin d'élaborer une stratégie appropriée visant le financement de l'utilisation des écoles par la collectivité. Le plan du Parti libéral de l'Ontario pour une province plus saine appuiele sport et les loisirs communautaires. Nous savons que le sport et les loisirs nous gardent en bonne santé et renforcent nos collectivités .... Les effets associés à un mode de vie inactif coûtent à notre système de soins de santé 1,1 milliard de dollars chaque année. Nous ferons de notre mieux pour soutenir la vie active.»
Joignez-vous à nous durant les semaines et les mois qui vont suivre pour rencontrer et faire parvenir des lettres aux députés locaux et aux ministres clés du nouveau gouvernement afin qu'il transforme ses promesses en réalités. Lorsque nous résoudrons ce problème, nous pourrons à nouveau centrer nos énergies là où elles sont requises: assurer le développement et la pérennité des possibilités sur le plan social, culturel et récréatif pour les enfants et les jeunes de partout dans notre province.
David Lee En tant qu'entraîneur communautaire, j'ai eu la chance de côtoyer des entnuÎleurs professionnels et des entraîneures professionnelles, et j'aimerais ajouter mes commentaires à ceux d'Ann Fitzpatrick.
Bien des entraîneurs et des entraîneures en sont conscients: assurer aux sports communautaires des accès abordables aux installations est essentiel au développement de systèmes de relève. Le sport de niveau communautaire fait partie du continuum dans l'excellence du sport: il allume l'étincelle de l'enthousiasme, offre les compétences de base et atteint son paroxysme dans la performance de l'élite en suscitant l'intérêt durant toute une vie.
À l'origine de la ligue Valley Hoopstars, nous souhaitions combiner le développement de compétences de qualité supérieure avec l'exercice et le plaisir pour le plus grand nombre possible de jeunes garçons et filles âgés entre 10 et 15 ans. Dans notre région presque majoritairement rurale formée de petites municipalités et de petits villages, nous avons pensé qu'un club de loisirs partagé pourrait s'avérer bénéfique pour les jeunes. En constituant un seul club, nous souhaitions partager les ressources limitées pour les assurances, l'expérience d'entraînement et les tournois. Nous voulions conserver les frais d'adhésion à moins de 10 $ par personne, excluant les coûts supplémentaires facultatifs pour l'achat de maillots et de ballons de basket-bail. Aucun enfant ne serait refusé.
En deux ans, Valley Hoopstars a attiré plus de 220 enfants. Sur un vaste territoire couvrant 2 500 kilomètres carrés, des équipes ont été formées dans les municipalités où des parents entraîneurs et entraÎneures avaient accès aux gymnases des écoles: Eganville, Barry's Bay, pembroke, Deep River, Petawawa et Golden Lake. La réussite de notre club a été reconnue lorsqu'on m'a attribué le titre d'entraîneur communautaire de l'année de l'Ontario en 2001. Un élément clé de notre réussite a été de mettre en contact les parents entraîneurs et entraîneures avec un entraîneur professionnel qui partageait leur vision. John Scobie (entraîneur de l'équipe féminine de basket-bail de l'Université de Carleton) leur a offert un cours adapté de la composante Technique de Niveau 1 du PNCE. Il nous a confié qu'un entraîneur avait fait toute la différence dans sa vie. Il nous a fait revoir l'enseignement des progressions dans le gymnase et il nous a informés des vidéocassettes et des livres qui pourraient stimuler l'étude et la préparation. Il nous a donné la confiance nécessaire pour continuer à apprendre comment entraIÎler les jeunes.
Toutefois, notre club n'a connu aucun développement durant l'année passée. Le principal effet dissuasif a été l'accès aux gymnases qui ne sont pas utilisés. L'équipe d'Eganville a dû mettre fin à ses activités en raison de sa difficulté à trouver un endroit pour pratiquer. À Deep River, où j'étais entraîneur, le conseil scolaire a mis fin à 40 ans d'accès les fins de semaine aux animateurs communautaires en décidant que désormais un gardien devait ouvrir et fermer l'école. Pendant plus de 40 ans, des animateurs, en qui on avait confiance, réservaient des heures de gymnase par l'entremise de la municipalité, allaient chercher les clés à la caserne de pompiers, désactivaient le système d'alarme et endossaient la responsabilité de l'aile de l'école secondaire où se trouve le gymnase. L'exigence de recourir à un gardien de fin de semaine a fait grimper les frais de zéro à 30 $ l'heure, avec des frais minimaux de 120 $ (ce qui équivaut aux frais associés à un appel d'urgence pour les services du gardien). Nos enfants ont également perdu un programme de ligue d'été significatif que la municipalité offrait depuis des années.
Des frais injustifiables nuisent désormais aux activités sportives communautaires en gymnase en Ontario. Ils gênent le développement des activités à l'intention des jeunes, particulièrement les sports par temps froid. C'est un héritage troublant du gouvernement provincial récemment destitué.
Si les frais rendent difficile la poursuite des programmes existants, ils rendent encore plus ardue l'introduction de nouveaux. Sans l'accès aux gymnases, nous n'aurions pu lancer la ligue Valley Hoopstars; il aurait été impossible d'organiser un groupe, d'en former les membres et de recueillir des fonds substantiels pour louer des locaux.
Il est crucial de créer et de développer des activités sportives à l'échelle locale. Selon moi, les entraîneurs professionnels et entraîneures professionnelles et communautaires peuvent œuvrer ensemble:
- afin de faire connaître à plus grande échelle les avantages pour la société qui découlent de la participation aux sports : lorsque le public considère l'ensemble du sport amateur, il pense parfois que «vous y participez uniquement dans votre intérêt». Lorsque des entraîneurs et des entraîneures de renom s'investissent pour appuyer le sport communautaire, il devient plus évident que «nous devons faire ce qu'il y a de mieux pour les enfants»;
- afin d'attirer l'attention sur les programmes qui démontrent les valeurs sociales du sport à l'intention de la jeunesse: plus ces activités sont inclusives, meilleur sera le résultat;
- afin d'encourager la formation continue d'entraîneurs et d'entraîneures présélectionnés à l'échelle locale: ces personnes jouent déjà un rôle significatif dans leur milieu. Elles devraient être plus nombreuses et jouer des rôles encore plus importants;
- afin d'exercer des pressions pour favoriser l'utilisation à des prix raisonnables des installations publiques disponibles et à former des partenariats avec d'autres intervenants qui partagent leur vision à l'égard des jeunes, par exemple les leaders des arts de la scène: les groupes sportifs seuls pourraient ne pas suffire à débarrasser nos collectivités des frais injustifiables qui ne contribuent qu'à marginaliser les familles à faible revenu ou à revenu moyen. Nous devons conscientiser à plus grande échelle le public, en établissant d'abord l'accès puis en aidant les entraîneurs et entraîneures communautaires;
- afin d'exercer des pressions pour le retour à la situation qui existait avant 1997 en Ontario, à l'époque où les animateurs communautaires étaient autorisés à utiliser les installations et les gymnases disponibles payés grâce à nos impôts: il faut faire savoir que cet accès est utile et rentable.
Entraîneurs et entraîneures, nous avons besoin de votre aide. Si vous n'êtes pas déjà engagés dans des activités qui sont un préalable au sport, rien ne vous empêche de vous y mettre dès aujourd'hui. Votre créativité et vos efforts renouvelés dans votre propre localité pourraient vraiment contribuer à assurer la croissance des systèmes de relève.
Si nous arrivons à régler le problème de l'accès aux installations, nous aurons joué un rôle inestimable dans l'amélioration de la citoyenneté et de la bonne forme physique, et nous en verrons les résultats positifs au niveau élite du sport.
Ann Fitzpatrick est animatrice communautaire de la Société d'aide à l'enfance de Toronto. Son travail à la Société cadre dans l'engagement de l'organisme à prévenir les circonstances menant à la violence et à la négligence à l'endroit des enfants, et à développer le potentiel de la collectivité, des enfants et des familles.
David Lee occupe un poste de scientifique de l'environnement chez Énergie atomique du Canada limitée. Il a combattu pour l'almée américaine au Vietnam en 1969-1970 puis il a fait de la recherche de troisième cycle à l'University of North Dakota, Virginia Tech et à l'Université de Waterloo, où il enseigne chaque année en avril à titre de profèsseur adjoint. Il aime entraîner les jeunes au basket -bail et garder la forme en pratiquant la course à pied et le ski. Il est possible de le joindre par coutriel à l'adresse drlee@magma.ca.
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